
Depuis de nombreuses années, Iris Trenkner-Panwitz est à l'avant-garde du journalisme spécialisé au sein du magazine Weinwirtschaft.
La rédactrice-en-chef s'est entretenue avec nous pour évoquer l’évolution de la viticulture et les tendances en matière de boissons dignes d’intérêt et d’investissements.
Quelles sont les tendances les plus importantes que vous suivez dans le domaine du vin et des spiritueux ?
Il existe de nombreux sujets et tendances intéressants, dont certains se manifestent depuis déjà un certain temps. Outre le vin sans alcool et les effervescents, on peut citer également les vins faiblement alcoolisés et les boissons à base de vin. Le développement durable assume une importance croissante, alors que le bio est presque devenu la norme aux yeux de certains producteurs. Bien évidemment, il continue de jouer un rôle majeur. Nous nous intéressons aussi de très près à l'évolution des structures de distribution depuis l’arrivée de la pandémie, et la transition vers le commerce électronique.
Quels sont les principaux défis et opportunités qui se présentent au secteur ?
Le changement climatique et les phénomènes météorologiques extrêmes qui en résultent ont déjà un impact sur la viticulture. Et selon les experts, cet impact va encore s'accentuer au cours des années à venir. L'adaptation de la viticulture à ce phénomène fera probablement partie des plus grands défis à relever. Les PIWI joueront un rôle de plus en plus important, tout comme la redécouverte et la culture des cépages autochtones. Néanmoins, il ne sera pas possible de faire face aux épisodes extrêmes de gel, de chaleur ou de sécheresse. Il s’agit là d’un problème qui doit être abordé à l'échelle mondiale. Toujours est-il qu’à petite échelle, le développement durable doit être mis en œuvre, ce qui constituera un défi majeur pour certaines entreprises. Il n’en reste pas moins que la plupart des exploitations viticoles ont sans doute compris qu'il ne s'agit pas seulement d'une tendance impulsée par les jeunes générations, mais que cette démarche s’impose si l’on veut assurer la pérennité de la viticulture, de sa qualité et du secteur vitivinicole globalement.
D'autre part, le changement climatique offre des opportunités à des régions viticoles émergentes dans des zones plus septentrionales ou en altitude. Certains vins développent alors un style totalement novateur, ce qui peut être bénéfique, mais ne l’est pas obligatoirement. Un vin dont l’acidité était jusqu'alors caractérisée par la fraîcheur est plus susceptible d'être désavantagé par le changement climatique.
Photo : Iris Trenkner-Panwitz, rédactrice-en-chef, Weinwirtschaft