SYMPOSIUM « ACT FOR CHANGE »
DUO : « L’AVENIR DES VINS ET SPIRITUEUX À L’HORIZON 2030 »
(Vidéo uniquement en anglais)
INTRODUCTION
Les 20 et 21 juin 2022, professionnels et experts internationaux se sont réunis à La Cité du Vin à Bordeaux pour la deuxième édition du Symposium « Act for Change ». Deux jours de débats pour décrypter les grandes évolutions et les impacts sur la production et la distribution des vins et spiritueux à l’horizon 2030. L’occasion de se retrouver pour échanger et pour mieux se préparer, ensemble, aux enjeux qui attendent le monde du vin dans les prochaines années.
Avant de conclure le symposium, Christophe Navarre a eu l’occasion de revenir sur les échanges qui ont animé l’événement et d’exposer ses prédictions quant aux événements qui attendent le secteur des vins et des spiritueux avant la prochaine décennie. Un futur proche qui demandera selon lui de s’adapter aux transformations actuelles, tout en restant pragmatique.
INTERVENANTS
Durant cette session, Christophe Navarre, président du Conseil d’Administration de Vinexposium, a répondu aux questions de Robert Joseph, expert en vin, consultant et producteur.
THÉMATIQUE : L’AVENIR DES VINS ET SPIRITUEUX À L'HORIZON 2030
PETITS ET GRANDS PRODUCTEURS : LA DIFFICILE QUESTION DE LA VISIBILITÉ
Tous les groupes parlent aujourd’hui de “luxe” pour leurs produits, qui peut se définir par l’association de la qualité, de l’image et d’un prix élevé. Mais que représente le luxe pour le grand public ? Le plus important, c’est l’émotion. Pour un vin, c’est le plaisir qu’on éprouve à la dégustation. Je pense qu’il est nécessaire d’envoyer aux entreprises le message que la création de cette émotion passe avant le packaging et tout ce qui s'ensuit. Un bon producteur, qui propose des vins de bonne qualité au bon prix, n'aura pas de problème à trouver des consommateurs.
Concernant le marketing et la visibilité des marques, le monde du vin est différent de celui des spiritueux. C’est un secteur très fragmenté. Le grand défi pour tout le monde, c’est la distribution. Lorsque l’on débute dans le vin, il faut travailler dur et penser aux futures générations, c’est une transmission. Si l’on souhaite faire de l’argent avec un petit vin, il faudra probablement 50 ans pour être rentable. Néanmoins, je suis convaincu que les nouvelles plateformes de distribution vont donner une nouvelle chance aux producteurs et leur permettre d’acquérir une nouvelle visibilité. Les grands groupes possèdent plus de budget pour leurs campagnes de communication et la sortie de nouveaux produits, mais cela ne les empêche pas de faire des erreurs.
C’est pourquoi je crois de moins en moins au marketing, et de plus en plus au pouvoir de l’émotion. Mon conseil aux petits producteurs, c’est d’organiser de petits événements pour distribuer leurs bouteilles. Nous sommes un milieu de partage, de communication, de sensibilité. C’est la relation humaine qui fera la différence.
(Christophe Navarre, Président du Conseil d’Administration de Vinexposium)
LA DURABILITÉ ÉCONOMIQUE EST-ELLE COMPATIBLE AVEC LES NOUVELLES ATTENTES DU MARCHÉ ?
Nous entendons de plus en plus qu’il faut acheter local, de notre région. Mais nous entendons également que les consommateurs français s’intéressent aux vins étrangers de façon croissante. On ne peut pas s’interdire de boire un vin, sous prétexte qu’il ne vient pas de notre région. Il est nécessaire de distribuer et de consommer de manière respectueuse de l’environnement et de nous adapter aux demandes du marché, mais nous devons rester pragmatiques. Pour cela, les entreprises doivent absolument être transparentes à tous les niveaux.
Vis-à-vis de la durabilité économique, le vin doit être accessible à tous, mais pas à n’importe quel prix. Je ne pense pas qu’il soit soutenable pour les producteurs de vendre des bouteilles au rabais. En France, nous avons tous les terroirs, tous les experts et tous les acteurs nécessaires pour devenir le centre névralgique du vin et, peut-être demain, des spiritueux. Mais nous devons réunir tous ces acteurs pour développer le marché et c’est une vraie bataille. C’est pourquoi les pratiques doivent rester réalistes et raisonnables.
(Christophe Navarre, Président du Conseil d’Administration de Vinexposium)
LE BESOIN D’UNE ACTION IMMÉDIATE EN FAVEUR DU CLIMAT
Il y a une pression positive de la jeunesse pour agir dès à présent en faveur du climat. Pour mener des actions concrètes à grande échelle, il faut réussir à concilier les agendas politiques, les actions des grandes entreprises, les habitudes de consommation… C’est un processus complexe. Dans le domaine de la distribution, nous ne valorisons peut-être pas assez les producteurs qui agissent de façon positive. Il est certain que cela fait désormais partie de nos missions.
Pour agir dès à présent, il est important de réunir les gens. Nous ne devons pas arrêter de nous rencontrer, de voyager, d’échanger. Il faut se poser sans cesse la question “que pouvons-nous faire immédiatement ?”. Il est certain que le changement climatique va impacter de plus en plus les hommes, c’est pourquoi il faut agir sans tarder. N’oublions pas ce que nous avons appris durant ces deux jours d’échanges et assurons-nous que tout cela n’a pas été que des mots.
(Christophe Navarre, Président du Conseil d’Administration de Vinexposium)
A propos de Vinexposium
Vinexposium est née de l’union de Vinexpo et du pôle vin de Comexposium et devient ainsi le premier organisateur mondial dédié aux vins et spiritueux avec un portefeuille d’événements emblématiques et reconnus et une offre digitale disponible 365 jours par an.